Un colloque SIREL / NALS 

Un colloque SIREL / NALS
Du 4 au 8 juillet 2016, à l’Université Toulouse 2
« Par-delà l’axiologie de l’inter-essement, par-delà l’appétit d’être, par-delà l’inquiétude de chacun pour sa quiétude, pour son être-là, pour sa part dans l’exister, par-delà le souci pour ce qui a été si admirablement appelé Dasein, souci que nous lisons dans les besoins dont l’argent rend possible la satisfaction – mais autant les éventuelles cruautés de la lutte « pour la vie » -, l’homme n’est-il pas aussi l’étonnante possibilité – exception à l’ordonnance de tous les modes de l’être ! – de céder sa place, le Da, de se sacrifier pour l’autre, de mourir pour l’étranger ? » [1]

Tout comme la septième année est celle de la jachère pour la terre, cette septième année des colloques internationaux de philosophie de Toulouse tendra à avoir lieu ailleurs que dans l’ancrage de la terre, ailleurs que dans l’autochtonie, dans la considération du sans-terre, du sans-papier, du migrant, que chaque être humain recèle et qui, par sa misère, oblige à reconfigurer les règles de vie en commun.

L’actualité, et ce depuis bien longtemps, impose le problème éthique de penser ce qu’il en est de notre responsabilité devant l’appel de l’étranger, et si ce colloque est évidemment influencé par les derniers événements, il ne constitue pas pour autant une simple réaction. En effet le geste des études lévinassiennes que nous poursuivons est de tendre à mettre en évidence le risque toujours présent de réduire autrui à nos propres concepts. Par conséquent, il ne s’agit pas du tout de produire des prescriptions.

La proposition que nous faisons, d’étudier la place de l’étranger dans la pensée de Levinas, revient plutôt à se tourner vers ce que l’humain a de plus déroutant, et de plus déviant en un certain sens : sa différence – à la fois imprévisible et inépuisable.

L’étranger se présente chez Levinas non pas comme l’étranger selon des critères bureaucratiques, visibles et identitaires (étranger à cette terre, à cette culture, à cette langue) mais au-delà du visible, son étrangeté repose sur l’insaisissable dans la proximité même : là où la carte d’identité semble tout dire, elle ne dit rien. Autrui peut parler ma langue sans pour autant que je l’entende. Le proche est à la fois l’étranger, le « premier venu » que je ne connais jamais, et le prochain, le familier, celui qui s’adresse personnellement à moi. Il est celui qui n’est jamais là où on l’attend et celui dont la vulnérabilité rappelle au sujet sa propre responsabilité.
[1] « Socialité et Argent » in Cahier de l’Herne, Emmanuel Levinas, 1991, Paris : L’Herne, pp. 136-137
https://sirelnals.wordpress.com/

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Acerca de Esteban J. Beltrán Ulate

Esteban J Beltrán Ulate (Costa Rica,1986).
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